24.3.10

PRIMUS TEMPUS

Denis Darzacq, Sans Titre (2009), Courtesy Galerie VU'

Le printemps est définitivement là avec son lot quasi quotidien de vernissages, événements et salons incontournables... Avant de débuter ce papier quelque peu long et fourre tout, soufflons donc un peu pour accorder deux minutes de silence au Salon Antiquité et Art Contemporain (ah bon?) du Trocadero. A savoir peut être le plus pourri des salons parisiens, extraordinairement kitsch malgré lui. On y sent (à défaut d'y voir), très, trop, souvent du faux et du rabiboché de la Régence à l'Art Déco, on y voit errer des marchands très show-off tous bronzé et ses amies accros à l'acide hyaluronique... Parlons donc plutôt d'ArtParis qui a fermé ses portes lundi. La bonne surprise du mois avec un intéressant principe de galeries-collectionneurs-et-personnalités-guests. Si l'on détournait furtivement le regard au contact de nombreux faussetées punk qui parsemaient les allées du Grand Palais (Campbell Soup à la sauce optique, Danseuse de Degas aspergée de peinture...), le parcours se révélaient plutôt réjouissant avec un stand bien rempli pour la galerie JGM, un "appartement du collectionneur" plutôt audacieux qui mixait art contemporain et meubles from Jousse Entreprise, des superbes photographies de Stefan Crasneanscki chez Ilan Engel Gallery et des structures architecturales superbement austères de Nicolas Moulin sur le stand de la galerie Chez Valentin. Beaucoup d'excellentes oeuvres françaises et surtout étrangères, la volonté d'ArtParis étant d'ouvrir ses portes aux galeries de pays qu'on a peu l'habitude de voir en France. De l'Afrique à l'Ukraine en passant par l'Indonésie, c'est la Finlande qui a retenu toute mon attention avec la galerie Forsblom et les verreries hypnotisantes de beauté d'un des plus talentueux designer de la jeune garde européenne : Harri Koskinen.


Galerie Nathalie Gaillard / Installation sur la plateforme "Ukraine"

L'assise en bambou laquée noir crée par Yrjö Kakkapuro et Fang Hai n'est pas sans rappeler la rigueur géométrique du fauteuil Rouge et bleu de Gerrit Thomas Rietveld...

Amber/Straw (2009), sublime vase imaginé par le finlandais Harri Koskinen et réalisé dans les ateliers de Murano. / Mise en scène du studio Jean de Gastines Architectes sur le stand de la galerie Brolly

Un flash verrerie pour une transition en douceur avec le PAD. Revenu des Tuileries, le constat est net : le Pavillon des Arts et du Design nous rassure d'une certaine manière quand à la place d'éclaireur que tient la capitale dans la défense d'un goût chic, érudit et éclectique en matière de collection. Le plaisir de parcourir le salon est toujours là avec cette quatorzième édition même si l'on peut toutefois regretter le panel d'expert du comité de sélection, inchangé en somme, et la perte de certaines galeries influentes comme En Attendant Les Barbares(1) L'idée formelle régissant le PAD reste la même : présenter dans une ambiance feutré et accessible, aux antipodes du white cube oppressant, un panorama des meilleurs pièces provenant de galeries européennes réputées dans le domaine du mobilier, objets d'arts, sculpture, bijoux et peintures du XXe et XXIe. L'édition 2010 est à ce titre rassurante et enthousiasmante. Deux adjectifs comparatifs qu'il convient ici d'utiliser en regard du l'ambiance tiède de Londres en Octobre dernier et avec pincettes concernant la futur version asiatique du PAD à Singapore annoncée pour Septembre. Rassurant quand au mode de fonctionnement, qui a fait ses preuves et enthousiasmant donc puisque bon nombre de galeries y présentent ces jours-ci du mobilier de designers contemporains comme Mitterand+Cramer, nouveau venu suisse qui soutient Studio Job et Atelier Van Lieshout. Plus terre à terre et moins one-off, Ymer&Malta présente Ikebana Medula un beau travail autour du vase par Benjamin Graindorge (a mi chemin entre le Honda des frères Bouroullec et les expérimentations de Mathieu Lehanneur) et Stripes, un cabinet en bois massif teinté noir de Normal Studio.

Contrepoids prédominant du salon, les grands du XXe sont superbement mis en avant notamment sur le stand de Jacques Lacoste où trônent modestement un ensemble mobilier conçu par Robert Mallet-Stevens selon les souhaits de sa nièce. Pour dénicher de belles surprises, il faut d'ailleurs pousser un peu plus son regard vers les meubles servant de support aux objets d'art. Ainsi, un fin exemplaire avec un plateau en marbre de la table basse PK61 de Poul Kjaerholm peut être trouvé chez les suédois de Modernity pour un prix très abordable. Tout est une affaire de coups de coeurs au PAD. On déambule poliment dans les allées les yeux pétillants comme on ferait son shopping dans les luxueux étages de Liberty ou Bergorf Goodman. Les photographies d'Hélène Binet(2) sur le travail de Peter Zumthor nous font de l'oeil. La galerie Jean-David Botella nous donne envie d'acheter tout Jean Després, des coupes aux bracelets de force. Même Perimeter nous surprend à aimer la récup des frères Campana... si toutefois le prix de leurs fauteuils manque de nous évanouir. On s'arrête enfin devant une superbe lampe en albâtre d'Eric Schmitt et un buffet de Patrick Naggar sur le stand Cat Berro, galerie aux milles friandises. Le petit coup de Moët attendra bien un peu! ... La fin de semaine nous offrait Chic Dessin (ex-Slick), niché dans le toujours très chaud toujours atelier Richelieu. Beaucoup de monde au vernissage là dans une mesure comparable au Grand Palais et au PAD, ce n'est pas négligeable pour du dessin. Deux artistes ont là retenu mon oeil. Végétale et subtile, les branches que dessine l'artiste allemande Angela Murr se développent à grande vitesse pour envahir le support, en 2D ou en 3D. Partageant les mêmes contrastes d'échelles en fonction du sujet, Fabien Merelle est un diablotin du quotidien qui s'inspire de sa vie, celle de sa femme, celles des autres, qu'il parsème de ses doux rêves à la sauce trash. Une petite parenthèse rafraîchissante d'ironie.

Détails de la lampe Lampyre d' Eric Schmitt et du buffet Spinoza de Patrick E. Naggar, Cat Berro / Fauteuil-confessionnal SCV II (2009) crée par Florian Borkenhagen, Galerie Ammann / Table PK61 de Poul Kjaerholm (circa 1960), Modernity

Unnamed Tree (2010), Angela Murr, Galerie Duplex / Madona (2009), Fabien Merelle, Galerie Cassinart

(1) Profitez-en pour passer rue de Grenelle à la galerie, qui célèbre ses 25 ans en toute discrétion. Vous craquerez peut-être pour le plumier d'Andrée Putman.
(2) La galerie Gabrielle Ammann présentera à l'Automne à Cologne les travaux de cette photographe sur le thème du maxi en architecture, du Zaha en cascade à la clef.

9.3.10

PLAYGROUND DE LUXE


Sous la cloche de droite, un tapis tremblant teste la probabilité de l'apparition de l'Univers en essayant d'assembler hypothétiquement un boulon et un écrou ensemble.


Constat n°1 : Fantastic Mr Fox est le plus hilarant et réussi des films d'animation depuis des lustres. Merci Wes. Constat n°2 : Gosse de peintre est la plus hilarante et réussie des expositions d'art contemporain depuis des lustres. Merci Beat... le double de Takeshi Kitano! L'acteur et réalisateur japonais est aussi animateur et peintre à ses heures. Et même si il doute de son talent sur cette branche*, Beat Takeshi reste un artiste iconoclaste super populaire au pays du soleil levant... et dans une moindre mesure sur notre vieux continent. De Violent Cop à son petit rôle dans Battle Royale, ses talents tragi-comiques incisifs, légers et violents sont une marque bien connue des cinéphiles. A la pointe d'une programmation d'art contemporain arty, précise et populaire dans son plus beau sens entamée depuis seize ans, la Fondation Cartier invite Kitano à transformer l'espace conçu par Jean Nouvel en parc d'attraction. Youpi youpla.

A peine entré que l'on remarque un petit train aérien sur lequel d'étranges figurines au regard moqueur tiennent en équilibre : ce sont des dharma, personnages cultes de l'imaginaire japonais (le nom dharma provient de Bodhidharma, le père spirituel du zen). Passé leur discrète mais forte présence, on ne sait plus où donner de la tête entre toute les installations de Beat Takeshi, autant d'expériences : On assiste entre autres à un remake de théâtre Ô-Edo, on tente de déchiffrer le pourquoi de pendaison ratée d'un prisonnier, on "dessine" des sons bizzares sur des magnets, puis on se prend des vents corses et bretons pour finalement se retrouver nez à nez avec un dinosaure géant en plastique devant une étrange machine à vapeur agrémentée... de gros pieds rouges! Un humour noir, un esprit scientifique volontairement maladroit et des utopies enfantines sous LSD qui nous enjouent à chaque instant. Le parcours fini, après des videos à se torde au sous-sol, on file s'offrir une gaufre spéciale jap' dans le jardin de la Fondation en guise de couronnement au meilleur remède anti-snob du printemps!

* Pour s'en convaincre, ou pas, il faudra jeter un coup d'oeil son dernier film Achille et la Tortue
Untitled, 2009 / Panneau annonçant d'étranges mini véhicules-animaux exposés en vitrine


Photo extraite du film Sonatine (1993), réalisé par Takeshi Kitano

5.3.10

BRIGHT STAR


C'est bien dommage. Conceptuel et minimal sont deux termes dont l'énonciation suffit très souvent à provoquer l'incompréhension chez certains, passant devant les oeuvres le regard circonspect. Le plus alcoolique et passionnant centre d'art contemporain européen, le WIELS (réhabilitation du l'ancienne usine de bierre du même nom) consacre une rétrospective au plus secret des artistes américains du XXe siècle : Felix Gonzales Torres (1957-1996), cubain dopé par la Big Apple. Deux semaines après l'avoir vue, j'en garde une forte impression.

Un art indiscernable à première vue : une tour de rangement distribuant à l'infini les mêmes feuilles imprimées, un pile de tapis en caoutchouc, des tas de bonbons et des guirlandes d'ampoules pendues... autant d'objets communs, en apparence anodins, qui par leur mise en scène énigmatique sussurent à l'oreille du visiteur des fortes émotions liée à la vie de l'artiste et à nos existences communes : premiers souvenirs, gaspillage des ressources naturelles, mort du sida... Mais au delà du simple ready-made comme nouveau constat sur la nature de l'objet et plus que de simples évocations du temps qui passe ou d'un certain activisme politique, les installations de Felix Gonzales Torres visent silencieusement à atteindre de noble ambitions, et ce sans aucun égocentrisme ni amour radicalement esthétique des formes pures. Ainsi bouleverse-t-il subtilement le visiteur en contrariant volontairement l'instabilité et la fragilité de ses oeuvres. Des oeuvres fantômes aux ombres malheureusement bien réelles : une fine paire de poumon en relief s'observe sur un papier A3 à première vue vierge, des bonbons pour la toux sont masqués sous des emballages aux couleurs électriques, un tryptique photographique représente en contre plongée un lustre prêt à s'effondrer...

Untitled (White Legal), 1989 / Untitled (Welcome), 1981 / Untitled (Porcelain light bulbs, extension cords), 1992

Untitled / Untitled (Golden), 1995

Des propositions visuelles minimales pour un effet maximal, jamais tragique, même optimiste implicitement si l'on s'en tient à l'ultime installation de l'exposition au dernier étage : Untitled (Placebo), 1991 (un énorme tapis de bonbons face à aux murs à une amusante évocation textuelle de la vie au travers de dates correspondant à des événements personnels ou historiques). Une sortie de scène vers la lumière, ici magnifiquement accentué par l'incroyable espace du WIELS grâce à ses anciennes verrières industrielles, où le sommet d'un discret et poignant parcours aux sensations plurielles. Incontournable si vous passez par Bruxelles.


19.2.10

LE BEL AGE


Rue de la Boétie, Dyson invitera petits et grands a se mettre dans la peau d'un ingénieur en aspirateur!


On se remet très vite des anniversaires, même il y a certains que l'on n'oublie pas. Voilà dix ans que les Designer's Days contribuent a faire rayonner le design au détour de showrooms et espaces d'expositions parisiens. Professionnels (et surtout amateurs, la bonne nouvelle) y accordent de plus en plus d'attention si bien que cette manifestation est considérée aujourd'hui incontournable. Fier du chemin parcouru et des soutiens de poids accumulés au fil du temps, notre héros du design Alain Lardet a opté judicieusement de jouer la carte de la "célébration prospective" pour fêter l'anniversaire de son association avec le chiffre 10 décliné tout azimut comme thème la manifestation. Avec liens noués de Milan (Design-in-the-City) à Tel-Aviv, ainsi que des projets de développement de Designer's Days bis en Province, la transmission du design et de l'innovation à la française a encore de (très) beaux jours devant elle... Entre deux coups de café et des coups d'oeils jetés à la très au point exposition du collectif Dito, le parcours 2010 fut dévoilé jeudi dernier lors d'une conférence de presse organisée. Lieu du Design. Et entre deux coups de café et des coups d'oeils jetés à l'excellente mini-collection très au point du collectif Dito, je peux vous assurer qu'il sérieusement bloquer votre agenda du 9 au 14 juin prochain...

Le Lieu du Design, côté cour / Retrospective Sigvard Bernadotte (1907-2002) à l'Institut Suédois / Chaise Fold, Olivier Grégoire pour Specimen Editions

Il y aura des revenants (Elizabeth Garouste chez Sicis et Hilton McConnico chez Saint-Louis et les pianos Pleyel), de la jeune garde en force (Adrien Rovero reconstituera des fragments de porcelaine de Sèvres tandis que Constance Guisset théatralisera les vitrines des Galeries), des virées by night (chez L'Eclaireur) et des petits malins qui fêterons de même leur anniversaire (Kartell boulevard Saint Germain et l'anneau Vertigo de Putman pour Christofle). L'occasion sera parfaite pour les Arts Décoratifs de dévoiler sa très attendue "rétrospective" sur Normal Studio et pour l'Institut Suédois de célébrer le design industriel de Sigvard Bernadotte. Un gros gâteau de parcours qui inclura cette année le quartier du Marais (enfin) avec notamment rue des Filles du Calvaire la présentation de la première collection de Specimen, qui rejoint désormais la joyeuse cours des tous jeunes éditeurs français (Moustache, Petite Friture...) avec des stars montantes comme Guillaume Delvigne et des nouveaux talents soigneusement épinglés comme Olivier Grégoire. Et comme le parcours ne pouvait être plus riche, les graphistes de Cakedesign nous offrons une promenade dans les bois sur le thème du développement durable avec la société Oberflex. Vous avez la tête qui tourne déjà? Pas de panique puisqu'une application iPhone crée pour spécialement l'événement vous guidera pas à pas. Autre option hautement désirable : des voitures privées signées Audi vous emmènerons picorer design dans tout Paris. On a hate de goûter à ça!

Very Wood, par Cakedesign

9.2.10

IN LINE

Pierre Paulin (1927-2009) dans son atelier parisien.

Un maître, deux designers cultes et de jeunes pousses en série... La belle ligne!

Grand enthousiasme à l'ouverture du dossier de presse présentant la collection 2010 Ligne Roset. Il fut un temps où j'avais quelque peu de mal à être emporté par les produits de cette honorable maison d'édition. Seulement pour la nouvelle année notre ami Michel Roset tape fort. D'abord avec Paulin, toujours et encore. En réintroduisant sur le marché un fauteuil (Anneau), un tapis (Allusions) et surtout une table (Antigone), Ligne Roset nous fait l'honneur de découvrir une veine plus inconnue du travail de Pierre Paulin dans les années 80, plus perso aussi. Avec ses élégants aux accents géométriques prononcés qui n'est pas sans rappeler le mobilier onçu par Mackintosh pour la Hill House à l'aube du XXe siècle, Antigone trônait d'ailleurs dans la salle à manger du designer rue des Ursulines. En parlant de tables, celle de Philippe Nigro mérite la même attention avec son intitulé (T.U. pour Table Universelle) tout aussi évident et conceptuel que sa forme : un plateau en bois sur lequel se fixe quatre pieds en tôle pliée. Un véritable petit manifeste subtilement écolo (le plateau est interchangeable et recyclable) qu'anti-design avec sa non-esthétique se suffisant à elle même.

D'un tact plus poétique, Thomas Rodriguez déploie pour la firme française son élégante Lampe à poser 63 (pendant de la Suspension 63), simple cône en métal repoussé qui semble flotter dans les airs grâce à un support transparent adoubé d'une alimentation tout aussi discrète. Pour couronner ces esthétiques, Pierre Charpin met à porter de pied ses illusions optiques basées sur l'enchevêtrement de lignes colorées (tapis Arcata) et la sympathique jardinière d'Inga Sempé imaginée il y a trois ans (Long Pot) nous revient subtilement sertie de platine.

Tapis en laine Arcata, Pierre Charpin / Détail de lable T.U. en acier plié laqué et bois par Philippe Nigro

Allusions de Pierre Paulin, tapis en laine aux empruntes de pattes d'oiseaux / Lampe à poser 63 en métal repoussé laqué noir et plexiglass transparent par Thomas Rodriguez


One master, two famous designers and a series of young new comers... The line to follow!

There was a time when I was somewhat less seduced by what Ligne Roset, this honorable french company, has to offer. But now, Michel Roset is hitting it on strong for the new year. First and ever with Paulin, by reintroducing on the market the Anneau armchair, as well as a carpet (Allusions) and especially the table Antigone. Thanks to Ligne Roset, we discover a very personal part of Pierre Paulin's unknown work of the 80's. Antigone was part of the designer's dining room Rue des Ursulines. An elegant and modern piece that bring to mind Mackintosh's furniture for the Hill House at the start of the Twentieth century... As on the subject of table, the one designed by Philippe Nigro deserves equal attention. His "T.U." (which stand for Table Universelle) has a outstanding shape and profile as the table surface in wood is fixed with four legs made of pleated iron. As well as being eco-friendly with its interchangeable table top, its appearance seems not to bother about design.

In a more poetic style, Thomas Rodriguez produced for the french firm an elegant table light : Lampe à poser 63. It's a simple metal styled cone which appears to be floating in the air due to a transparent structure in which the electric connection is discreet. To top that off, Pierre Charpin provides optical illusions on a carpet (Arcata), based on a criss-crossing of coloured lines; and the sweet garden pot by Inga Sempé created three years ago (Long Pot) is now covered in pewter.


Réédition de la table Antigone de Pierre Paulin, piétement en hêtre massif.

1.2.10

BILLET DE RETARD

Illustration : Albert Exergian

Si j'ai fait un point d'honneur à ne pas évoquer ici ma vie privée, c'est tout simplement parce que je n'estime pas cela nécessaire. Je vais cependant dans les lignes suivantes rapidement transgresser cette règle. Ce début d'année fut difficile pour une raison toute bête qui est physique, une soudaine maladie assez grave m'ayant paralysé durant quelques semaines... Voilà pour le compte rendu à deux balles.

Entre temps, Paris s'est habillé de ses plus beaux atouts design avec un fabuleux trio d'expositions riches en enseignement (Dessiner le design, Pierre Staudenmeyer les années Néotu et VIA Design 3.0). Une ville au centre de la création avec Maison & Objet il y a quelques jours mis en lumière sous couvert de Philippe Starck en patron de la jeune création (vous savez, cette superstar qui porte des pantalons africains et qui renovera les salles d'attente de l'hôpital Pompidou)... une initiative lancée dans le cadre de Now! Design à Vivre qui a orchestrée malgré elle un joyeux bordel au sein des designers sélectionnés pour en avoir évoqué les contours avec l'aimable assistance des intéressés : Sam Baron, Michel Charlot, Jean-François et Eloi de Normal Studio (qui feront bientôt l'objet d'une exposition aux Arts Décoratifs)... Paris aime le design et nous le rend bien.

Et si finalement une bonne pagaille ça avait du bon?
Welcome back folks.

23.12.09

STICK TO WHAT YOU KNOW



Trop vite, trop court, Noël est là, et le stress des cadeaux avec. Quoi de plus compliqué en sus d'en trouver pour nos chères têtes blondes. Tandis que l'on compte supprimer l'Histoire pour les scientifiques en herbe, Monsieur Design prône sa spécialité dès le plus jeune âge. Et pourquoi par enseigner le Design en primaire pendant qu'on y est? ... Histoire d'installer les bambins aux premières loges de la création contemporaine. Pas besoin de vous faire un dessin pour vous démontrer que les propositions affluent en la matière, les grands éditeurs comme Vitra ou Kartell les premiers dans l'arène. Une immense partie où les adultes ont tout leur mot à dire, sinon leur style à imposer. Le dernier exemple en date, c'est Jean-François et Eloi de Normal Studio qui nous l'ont offert avec la suite de leur collaboration pour Tolix (design, identité visuelle et tout et tout) : une collection pour enfant (dispo chez Merci)! Même Enzo Mari avait il y a près de six ans maintenant crée une mini chaise pour Magis (ci-dessous) On retrouve a coup sur leurs amateurs dans les couloirs de la nouvelle expo aux Arts Décoratifs consacré à l'univers Playmobil, la tête remplie d'étoiles en sortant, prêts pour 2010! Bonnes fêtes les kids... Stay in touch : designmonsieur@gmail.com

Grandeur et gentille décadence pour adulte en background : Vols Virgin Galactic / Décorations lumineuses dans les rues de Milan par Patricia Urquiola. Produits durables et efficaces pour les petits : T-Rex en érable naturel, Little Alouette / Chaise pour enfant par Enzo Mari, Magis

Parce qu'il y a toujours quelque chose de suédois sous le sapin : Chaises pour enfant N65 vintage par Alvar Aalto (toujours éditées par Artek) / Voiture en bois laqué Streamliner Classic, Playsam

29.11.09

BENTO SURPRISE

Un gros container, une scénographie inédite pour la Designer's week de Tokyo, 2004

Disons le clairement, la course à la nouvelle marque aux produits flambants neufs, encore-plus-dingue que le concurrent, offrant toujours plus pour toujours plus cher est en sérieuse voix de disparition depuis plus d'un an. A l'image d'Hentsch Man, petite marque londonienne de fringues pour hommes, élémentaires et bien coupés, en vente exclusivement en ligne qui a ouvert récemment sa "vraie" boutique (après nombres de pop-up stores) dans le quartier de Saint James. Le succès est tel qu'essayer une chemise pendant la pause déj requierait pas mal d'attente en Octobre dernier. La fausse bonne nouvelle rest que le Japon regorge de ce genre de petits labels, qui côté mode comme Visvim ou design comme Graf n'attendrons jamais de faire massivement fureur dans la vieille Europe puisque les quelques distributeurs de la hype que sont Colette, Corso Como et Co semble avoir passé leur chemin sur ceux-ci. Seulement, certains n'attendent pas d'être distribués arracher par tout les industriels. Exemple avec Tonerico.

Derrière ce nom se cache les trois plus prolifiques designers japonais des ces cinq dernières années. L'aventure commence en 2002 quand Hiroshi Yoneya, Ken Kimizuka et Yumi Masuko se rencontrent à la sortie de l'école. Très vite ils montent un studio commun. Si les premières réalisations sont colorées, dans un esprit "sortie de 2000" finalement assez proche de Christophe Pillet pour le fauteuil Sofa 03 ou même de Ron Arad avec Gusha (pièce unique-pied de-nez aux designers japonais de l'époque qui désiraient produire massivement) leur fond d'activité s'orientent rapidement vers l'architecture d'intérieur, épurant massivement par la suite leurs créations. Dans la grande tradition des cafés "designés" à Tokyo, dont la réalisation du café Spiral par Shiro Kuramata dans les années 80 pourrait se situer comme point d'orgue, Tonerico ont pensé un nombre impressionnant de restaurants et autres boutiques tokyoïtes depuis leurs bureaux de Shibuya, alignant des références prestigieuses tel Hermès. En France l'année dernière, ils avaient signé (un grand mot, vu l'épure volontairement anonyme de leur travail) la scénographie de l'expo WA à la Maison de la culture du Japon.

Côté objets et mobilier, leurs céramiques, chaises, tables et étagères font état d'un soucis extrême au niveau de la recherche des proportions et des matériaux, une pleine référence à la culture japonaise. La série Cell est d'ailleurs inspiré des "monaka", ces petits biscuit japonais creux à l'intérieurs. Dans la même veine, réduisant l'espace à la seule fonction d'habiter, supprimant le superflu, les cloisons mobiles sont reines et il n'est pas rare que que les chaises comportent un dossier quasi inexistant, ou juste simplement matérialisés par ses contours et une assise très fine (un peu à la manière des nouvelles chaises de Nendo), utilisant des matériaux naturels comme de la paille (série Ami). Loin de leur ouvrir les portes de l'Europe, leur première exposition en 2003 au Satellite du Salone de Milan qui présentait des porcelaines avait laissé les éditeurs plutôt froids. Au contraire a Tokyo, une poignée de magasins proposent leur meubles, toujours sur liste d'attente. Irritant succès d'estime.

Etagère 48way, présentée à Milan en 2003 / Assiette en porcelaine Cell

Table de la série Aun, au piétement croisé très Ado Chale

A-House à Tokyo, conception Hiroshi Yoneka, 2001

22.11.09

DECONSTRUCTING COFFEE



Il est rare que j'évoque ici le design industriel et technologique, celui des montres, appareils électroménagers et concepts cars... Pourtant il y aurait à en dire. Andrea de Mathieu Lehanneur (qui vient d'ailleurs d'entrer dans la collection permanente du Musée des Arts Décoratifs) est enfin commercialisé, Jasper Morrison sort ses temps-ci une superbe horloge sous l'égide de Muji tandis que le grille pain transparent de Magimix s'annonce être l'un des cadeaux phare pour Noël. Quid du café? Si Nespresso est loin d'être "développement durable" avec ses nombreuses capsules en alu qui s'entassent dans la poubelle et si Bodum reste la seule alternative old-school, la révolution nous vient tout droit du Canada, une des nombreuses terres où l'asphyxie Starbucks a donné lieu a l'émergence de coffee shop indépendants.

Le jeune designer Philippe-Albert Lefebvre, tout juste diplomé de l'Université de Montréal et prêt pour l'ECAL, a réalisé pour sa présentation de fin d'année le genre d'ustensile dont ont tombe immédiatement amoureux tant au niveau de la forme que de la technique. En l'espèce donc, l'eau portée à ébullition dans un reservoir vient couler automatiquement par gravité dans sa copine la carafe où un filtre métallique permanent (plus besoin de le changer) contient le café ou le thé. Réalisé avec l'aide de Braun, le design s'inscrit dans la lignée des appareils conçus par Dieter Rams pour la marque dans les années 60. Un processus volontairement déconstruit, rapide, écolo et ludique revenant, à l'encontre de toute tendance, à l'essence même de la cafetière. Reste à croiser les doigts pour sa commercialisation...

Maquettes de la cafetière KF700-S (Université de Montréal)

Philippe-Albert Lefebvre (photo : Eric Demay)

It's rare that I write about industrial design concerning watches, electrical appliances and cars... Nevertheless there are comments to be made. Mathieu Lehanneur's Andrea (which is now part of the Musée des Arts Décoratifs permanent collection) is at last being commercialised, Jasper Morrison has recently produced a superb wall clock under Muji's name and the transparent Magimix toaster is a popular choice on this year Xmas gift list. How about coffee? Even if Nespresso is not helping out 100% ecologically with their coffee doses made out of aluminum and filling the trash can, the Bodum method is still a smart alternative. However the new "trend" has come from Montréal, as another saturated Starbucks market gave way to new independent coffee shops.

The young canadian designer Philippe-Albert Lefebvre who has just obtained a diploma at the University of Montréal is now ready for ECAL. He made an outstanding presentation at his final exam with an object of instant attraction because of its shape and technique. It represented a reservoir of boiling water that automatically drips down due to gravity into a coffee pot equipped with a permanent metallic filter (no replacement necessary) which contained the coffee of the tea leaves. The appliance made with the assistance of Braun has a Dieter Rams feeling, remembering his creations in the sixties. Choosing to use a process that pulls it to pieces, it is quick, clever and environmentally protective therefore trendy and defining today's coffee culture. Hoping then to see it on the market...

17.11.09

RISKS


Mur lumineux Stanton Micken de Philippe Starck (1979, Electrorama, est. 1100-1200 eur)


Novembre où la saison des ventes aux enchères, et design s'il vous plaît. Mieux vaut donc tout de suite oublier le Salon du Vintage qui s'est tenu boulevard Saint Germain ce weekend sans aucune surprise à la clef pour se concentrer sur les pièces en vente sur lesquelles il faut miser. Au programme, un petit passage obligé par la seconde dispersion de la collection Yves Saint Laurent, (très cottage et pas franchement design même s'il l'on y trouve du Eames et du Saarinen) exceptionnelle de part la qualité de chaque lot, avec comme un des nombreux point d'orgue un impressionnant bronze de César (L'homme de Draguignan) estimé à près de 60 000 euros. Toujours dans le caritatif, Artcurial organise une mini-vente (une soixantaine de lots) chez Forum Diffusion au profit de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) et du V-DAY, contre la violence faite aux femmes, avec des pièces intéressantes dont une table du label au renard Kistuné (voir ci-dessous) produite en édition limitée pour l'ouverture de son guérilla store à Londres en Octobre dernier, plus une subtile coupe en cuivre de Cédric Ragot. La maison remettra le couvert à la fin du mois avec Touchons du bois, vente thématique qui cerne des belles valeurs du design européen où un candélabre inédit en acier brossé de Poul Kjaerholm et des folies de Garouste et Bonetti seront à saisir. Fort à parier également que l'ex-outsider Pierre Jeanneret, longtemps dans l'ombre de Prouvé et Perriand, stabilisera enfin sa côte avec son impressionnante table éclairante dont l'estimation frôle les 100 000 euros.

Coupe P4 de Cédric Ragot (2005, Edition Forum Diffusion est. 300-500 eur /
Les tables Fabian (2007, est. 1500-2000 eur) mises en scène dans le pop up store Kistuné à Chelsea, Londres

Mais le marathon commence dès aujourd'hui avec Tajan et une vente XXe plutôt monotone bourrée de nombreux fauteuils de grands maîtres italiens (Ponti, Mollino...) où l'on retiendra plutôt une rare lampe d'Ettore Sottsass au fût métallisé et fumé aux proportions très années 30 bien que 80. La plus belle part du gâteau attendra pour la semaine prochaine avec la vente Cornette à Drouot Montaigne : beaucoup de scandinaves et de reminiscences memphisiennes, très abordables, côtoieront l'esthétique post-moderne des premières réalisations avant-gardes et luxueuses de Philippe Starck à la fin des années quatre-vingt à savoir un petit secrétaire mignon tout plein en sycomore et un très rare et imposant mur lumineux tout fait de verre dépoli et d'acier qui influera un peu d'audace à n'importe quel intérieur.

Voilà pour la météo. A vos ordres d'achats!

Miroir circulaire en bronze doré et passementerie de fils d'or, Emile-Jacques Ruhlmann (circa 1920, est. 15-20 000 eur) /
Table Compas de Jean Prouvé en formica et métal laqué vert (circa 1950, est. 3000/5000 eur)

Table de bibliothèque éclairante en teck vernissé et tôle pliée, par Pierre Jeanneret (circa 1950, est. 50-70 000 eur) ici dans la librairie d'art Gagosian à Manhattan.

9.11.09

L'AGE DU LIEGE

Courtesy Galerie Kreo / Fabrice Gousset

Après Jasper Morrison et sa fameuse série Cork pour Vitra et Mooi où fauteuils, tables et tabourets étaient entièrement conçus en liège, Martin Szekely a dévoilé samedi dernier rue Dauphine Simple Boxes. L'autre pape du design minimal contemporain s'est mis à l'utilisation de ce matériau en partant du simple postulat selon lequel chacun d'eux se devraient d'être vus de près ou de loin comme de "simples boites". Toujours plus loin dans l'abstraction et toujours très à l'avance dans la technique, avec toute l'exigence matérielle rendue possible par le labo du design qu'est Kreo depuis dix ans, Szekely manie le liège avec génie, mue des tabourets en boite et des tables en tabourets à l'infini...

Ici, Martin dompte le liège (matériau-scorpion par excellence utilisée depuis le XVIIe, résistant au feu et à l'humidité) avec une force technique sans pareille en réduisant l'assemblage à de simples emboîtements. Associé à la puissance esthétique des formes, il signe ainsi un de ses plus beaux ensembles pour la galerie parisienne depuis les tables en béton Concrete (2008). Gardez-vous en bien de dire que le liège est recyclable...


3.11.09

COMPOST CHIC



Impossible de vous laissez la semaine dernière à propos de la FIAC sans vous parler du stand de la galerie berlinoise Klosterfelde qui offrait au regard des visiteurs un total look Dan Peterman circa 1998, du sol au plafond (ci-dessus). Idée brillante qui fit presque oublier les dessins d'autres artistes au mur. L'artiste américain, connu pour son fauteuil-caddy (qui a inspiré plus d'un designer depuis les années 80) et ses installations brutes et minimales à la frontière du land art, du ready made et du design quand il recycle du plastique usagé puis composté pour en faire un sol, des murs, des étagères et même une maison pour clodos; poursuit ses expérimentations politico-écolos for the sake of art.

Pointant du doigt une "société du déchet" physiologiquement détruite par l'enfer de la surconsommation, Peterman utilise nos déchets - plastique dégueu comme bois humide, pour créer des propositions architecturales et mobilières intenses conjugables à l'infini, déployant par la même occasion avec malice et ironie une critique dont l'intelligence se mesure à sa volonté constructiviste. De la matière à penser pour tout récessionnisto(-ta) qui se respecte...


Ton Vertical Storage, 700 étagères en plastique recyclé (1996) / Dan Peterman's home & studio

It's unthinkable not to get back to you since last week's FIAC article without talking about the Berlin Klosterfelde gallery stand which displayed a complete Dan Peterman them from floor to walls (see below). A brillant idea that almost out-shined the other artist's work on show. The american artist well known for his supermarket trolley-chair (which has inspired many designers since the eighties) and his raw & minimalist work between land art, ready made and design when he recycles used and composted plastic to make floors, walls, shelves and even a house for the homeless; continues his green-political tainted experimentations for the sake of art.

Through his works, Peterman criticizes today's "throw-away society" which is physiologically destroyed by over-consumerism. He uses the trash of our wastes such as filthy plastic and decaying wood to create architectural constructions and strongs elements of furniture which are constructed in multiple ways and convey, with clever irony, a statement of his intelligence proportional to his productivity. Thought provoking for each of us aware in the world today...

Ground Cover (1995) / Thank You for Your Patronage : Chairs from Street Carts (1989, Museum of Contemporary Art, Chicago)

Vue de l'installation en 1998

26.10.09

AMPHIBOLOGIE


Tabouret avec assise en bois de bouleau (2007) d'Andrea Branzi (Galerie Kreo)

L'art contemporain c'est bien. Le design encore mieux. Mais quand il s'agit de la FIAC, tous les regards se tournent naturellement vers le premier. Et tant mieux puisque cette année fut un très bon cru. Sauf que dans l'oeil d'un design addict, tout est prétexte d'en revenir au design, certaines oeuvres contemporains pouvant aisément prétendre au statut de meuble et/ou objet. En l'espèce, la forme avant tout pourrait définir cette attribution tant les frontières entre art et design semblent toujours de plus en plus minces. Et même si les galeries de design ont cette année été soigneusement placées au fond de la nef du Grand Palais (Dieu merci, cela change des interminables escaliers à monter pour accéder au Saint Graal), certains artistes (étrangers en majorité, exposés souvent par des galeries italiennes ou germaniques) font habillement référence à l'univers codé design avec une perspective tout non-fonctionnelle qui fait leur charme. Des oeuvres tantôt surprenantes, rentre-dedans ou volontairement énigmatiques. Tout est dans le cartel...

Stand Pilar Corrias, mezzanine du Grand Palais

Johannes Wohnseifer, Shutter-Shutter Painting #1 (2009) / Stand de la Galerie bruxelloise Dependance

Special place (2009), Anya Zholud

Untitled (2008) de Marcio Garcia Torres, des assiettes en céramiques de différents diamètres (Galerie Jan Mot, Bruxelles) / Infidelity (2009) de Wilfredo Prieto : un simple crayon rouge et le capuchon d'un stylo bleu posé sur une étagère (Galerie Nogueras Blanchard, Barcelone)

NB : Et puis comme la photo était partout à la FIAC comme à Slick et sous le pont Alexandre III à Show Off, je ne pouvais pas vous laisser sans poster quelques prises de Ian Wallace, artiste canadien qui manie avec subtilité et réalisme la photographie. Souvent prises sur le vif, où ci-dessous avec les photographies du célèbre pavillon de Mies Van der Rohe à Barcelone, soigneusement léchées, elles souvent sont accolées à de simples pans de couleurs. Une signature à suivre chez Yvon Lambert...

Vues du Pavillon Mies Van Der Rohe à Barcelone (2009), par Ian Wallace

A droite, fondu dans le décor, le miroir hybride (2006) de Jeppe Hein (Galerie Johann Köning, Berlin)

Fiorito (Cerchi) (2008), Andrea Sala (Galerie Monica de Cardenas, Milan) / Ohne Titel (Wolfsburg), dernière oeuvre en date de Florian Slotawa (Galerie Sies + Höke, Düsseldorf) qui fait actuellement l'objet d'une rétrospective au PS1 de New York.