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20.1.11

EFFECTIVE IN SPOTLIGHT


A l'ECAL, même les allumettes ont force d'être source de lumière à elles seules...

L'année commence bien, très bien même pour le design à Paris avec la remise des labels VIAet la présentation chez Kreo des récents travaux des plus in de l'ECAL. Dans cette dernière galerie, Clémence et Didier Krzentowski démarrent l'année avec un presque best of de la fameuse école suisse en alignant le meilleur des derniers mois (Mold Lamp de Michel Charlot, Gradient Lamp de Camille Blin...) et la plus fraîche des cames dont : un superbe écran de table lumineux en aluminium (Screens) de Tomas Kral, une pompe à lumière (Up and Down) de Nicolas Lemoigne, de surprenantes antennes (Antenna Lights) d'Adrien Rovero et surtout une lampe très "italienne" (Scoop) d'Alexis Georgacopoulos. Jeune et agressive, la sélection demeure toutefois très sûre étant donné l'inégalable passion de Didier pour les luminaires depuis sa vieille addiction pour ceux de Gino Sarfatti.

Sur les chapeaux de roues, les prix décernés la semaine dernière au Viaduc des Arts démontraient une fois de plus la vitalité des designers et industriels français. Acteurs attendus, notamment chez les petits devenus très vites grands (Moustache, Petite Friture...), ou non (Sokoa, Leaf Supply...), ils étaient tous là, couronnés de ce mélange d'exigence, d'ouverture d'esprit et durabilité caractérisée par l'association dirigée par Gérard Laizé. On espère donc fort que des modèles comme "le fauteuil d'exécutif qui manquait au design" (dixit Gérard) aka K01 de Jean- Louis Iratzoki inonde rapidement les bureaux avec son allure racée à la Wilmotte et que Leaf Bed, la solution de couchage express pour sans abris par le studio NOCC trouve bientôt preneur chez les directions départementales de la cohésion sociale...

Il n'y pas que la taille qui compte, quoi que... Slim&Strong, Delphine Frey / K01, Jean- Louis Iratzoki

Un écran, deux typologies. Screens, Tomas Kal / Marble lamp, Camille Blin.

Surprise de la sélection VIA : l'horloge radar Coulheur de Bettina Dadon et Franck Murac

1.5.10

DEUX FOIS MILAN (1)



Milan c'est dingue. Et le retour à la normale en 2010 plus dingue en corps avec Björk's shitting volcano qui nous en a mis plein le ciel, adios avions et les voyages qui vont avec. Ce papier arrive ainsi très, très... très tard. Mon passage à la design week, bien qu'express (deux jours), se résume néanmoins difficilement en quelques lignes. Pour plus de détails il faudra attendre la fin Juin en kiosques.

First day. Entre une matinée et un début d'après-midi à arpenter la Clicquotsphere de Veuve Clicquot en compagnie des frères Campana et de Lehanneur, une visite à la Triennale s'imposait. Si l'exposition sur le design italien (Quali cose siamo) curated by Alessandro Mendini et scénographié par Pierre Charpin pouvait laissé dubitatif avec ses liens énigmatiques établis entre divers objets de la collection du musée, celle consacrée à Gaetano Pesce sublimait les pièces de ce dernier. Spectaculaire du sol au plafond, où était pendues ses chaises magmateuses. Quelques pas plus loin, le design polonais exposait ses performances avec quelques beaux coureurs dans les starting-blocks tel Maria Jeginskla, design labelisée ECAL qui a fait ses armes chez Kreo puis dans le studio de Konstantin Grcic à Munich. Youpi, ses lampes en céramique (Maré) sont éditée par Ligne Roset! Enfin, la mini rétrospective consacrée à Toshiyuki Kita nous plongeait dans un bain de japan design culture entre ses boites bento en laque (whaou la belle carapace!), Wajima (1986); et son robo jaune grandeur nature (whaou la belle carapace!), Wakamaru (2002).

Toshiyuki Kita et Maria Jeginskla, relax et plaisant

Gaetano Pesce chez les Inca... à la Triennale.

Après cette "excursion" et quelques veuve-clicquotages de plus, exploration de la Zona Tortona dont il ne reste que le nom comme garant de créativité, les regards se tournant désormais vers le quartier de Lambrate... Cette zone n'est plus qu'un vaste territoire où grosse entreprises se rangent poliment dans les rues qui entourent le grand hangar Superstudio Piu, a quelques encablures des designers fauchés de la Porta Genova. C'est même si l'on se demandait ce que faisait là Moustache, au milieu de ces quelques éditeurs qui font mal aux yeux. Stéphane Arriubergé et Massimiliano Iori y présentait fièrement leur dernière collection, tout aussi fabuleuse que la première. En plus de la table-la-plus-légère au monde de François Azambourg et une autre, malicieuse et graphique, de Matali Crasset, les Big-Game y voient édité Small Work, version mini de la Wood Work puis Metal Work (2008) que le duo éditeur avait repéré au Grand-Hornu. La série Bold voit elle aussi naître des petits avec les patères Micro et un porte manteau reprenant l'idée du tube métallique couvert d'une chaussette. Autre prototype désormais édité : la lampe mécano-like Link. Bravo Moustache! Sorti de Superstudio Piu puis Dedon où Starck venait y faire quelques ajustements avant la soirée, c'est tout juste si j'avais le temps d'aller faire coucou chez E15 où Stefan Diez étendait sa série Houdini... mais tout cela pouvait bien attendre un petit, que dis-je, géant aperitivo!

La Zona Tortona cultive l'ambiance industrielle...
Belle métaphore pour cette machine à vendre des "trucs design" (à droite), niché à l'étagère de Superstudio Piu.

Mignone et très légère, Small Work est paré pour le succès

Derniers préparatifs avant la soirée via Tortona

Il n'y a pas que le nom de ce café qui fait sourire. Le principe de mettre devant la porte une table et des chaises taille enfant est tout aussi audacieux quand on remarque la présence du cendrier...

Inviter des musicos à recycler des tubes italiens... Une apparente mauvaise idée qui, quelques coupes de champagne plus tard, a assuré l'ambiance à la soirée Veuve Clicquot.

9.11.09

L'AGE DU LIEGE

Courtesy Galerie Kreo / Fabrice Gousset

Après Jasper Morrison et sa fameuse série Cork pour Vitra et Mooi où fauteuils, tables et tabourets étaient entièrement conçus en liège, Martin Szekely a dévoilé samedi dernier rue Dauphine Simple Boxes. L'autre pape du design minimal contemporain s'est mis à l'utilisation de ce matériau en partant du simple postulat selon lequel chacun d'eux se devraient d'être vus de près ou de loin comme de "simples boites". Toujours plus loin dans l'abstraction et toujours très à l'avance dans la technique, avec toute l'exigence matérielle rendue possible par le labo du design qu'est Kreo depuis dix ans, Szekely manie le liège avec génie, mue des tabourets en boite et des tables en tabourets à l'infini...

Ici, Martin dompte le liège (matériau-scorpion par excellence utilisée depuis le XVIIe, résistant au feu et à l'humidité) avec une force technique sans pareille en réduisant l'assemblage à de simples emboîtements. Associé à la puissance esthétique des formes, il signe ainsi un de ses plus beaux ensembles pour la galerie parisienne depuis les tables en béton Concrete (2008). Gardez-vous en bien de dire que le liège est recyclable...


26.10.09

AMPHIBOLOGIE


Tabouret avec assise en bois de bouleau (2007) d'Andrea Branzi (Galerie Kreo)

L'art contemporain c'est bien. Le design encore mieux. Mais quand il s'agit de la FIAC, tous les regards se tournent naturellement vers le premier. Et tant mieux puisque cette année fut un très bon cru. Sauf que dans l'oeil d'un design addict, tout est prétexte d'en revenir au design, certaines oeuvres contemporains pouvant aisément prétendre au statut de meuble et/ou objet. En l'espèce, la forme avant tout pourrait définir cette attribution tant les frontières entre art et design semblent toujours de plus en plus minces. Et même si les galeries de design ont cette année été soigneusement placées au fond de la nef du Grand Palais (Dieu merci, cela change des interminables escaliers à monter pour accéder au Saint Graal), certains artistes (étrangers en majorité, exposés souvent par des galeries italiennes ou germaniques) font habillement référence à l'univers codé design avec une perspective tout non-fonctionnelle qui fait leur charme. Des oeuvres tantôt surprenantes, rentre-dedans ou volontairement énigmatiques. Tout est dans le cartel...

Stand Pilar Corrias, mezzanine du Grand Palais

Johannes Wohnseifer, Shutter-Shutter Painting #1 (2009) / Stand de la Galerie bruxelloise Dependance

Special place (2009), Anya Zholud

Untitled (2008) de Marcio Garcia Torres, des assiettes en céramiques de différents diamètres (Galerie Jan Mot, Bruxelles) / Infidelity (2009) de Wilfredo Prieto : un simple crayon rouge et le capuchon d'un stylo bleu posé sur une étagère (Galerie Nogueras Blanchard, Barcelone)

NB : Et puis comme la photo était partout à la FIAC comme à Slick et sous le pont Alexandre III à Show Off, je ne pouvais pas vous laisser sans poster quelques prises de Ian Wallace, artiste canadien qui manie avec subtilité et réalisme la photographie. Souvent prises sur le vif, où ci-dessous avec les photographies du célèbre pavillon de Mies Van der Rohe à Barcelone, soigneusement léchées, elles souvent sont accolées à de simples pans de couleurs. Une signature à suivre chez Yvon Lambert...

Vues du Pavillon Mies Van Der Rohe à Barcelone (2009), par Ian Wallace

A droite, fondu dans le décor, le miroir hybride (2006) de Jeppe Hein (Galerie Johann Köning, Berlin)

Fiorito (Cerchi) (2008), Andrea Sala (Galerie Monica de Cardenas, Milan) / Ohne Titel (Wolfsburg), dernière oeuvre en date de Florian Slotawa (Galerie Sies + Höke, Düsseldorf) qui fait actuellement l'objet d'une rétrospective au PS1 de New York.