30.3.09

PAD AU PAS

Visite ce matin du Pavillon des Arts et du Design avant son ouverture le 1er avril. Cette année, les exposants ont mis le paquet. Comme d'habitude : principalement du mobilier des années 50 à 80, pas mal de contemporains et quelques galeries de bijoux et d'arts premiers... un peu perdues il faut le dire. En somme, de belles, très belles pièces présentées à partir de mercredi vous attendent. Le niveau général est en nette hausse par rapport à l'année dernière, tant au niveau du fond que de la forme. Du fond, parlons en.

Les plus belles pièces sont assurément italiennes, américaines et scandinaves. La très charmante Rossella Colombari expose un superbe cabinet de Paul Evans (très présent d'ailleurs sur le salon) et des sublimes créations d'Eco Parisi. Outre son éblouissante scénographie, Patissier chez HP Le Studio présente des choses extrêmement rares issues des expérimentations des designers italiens pendant l'après guerre : comme le lampadaire Sasso de Luigi Caccia Dominioni, simple et raffiné. "Vous le verrez une fois dans votre vie" m'assure-t-il. Toujours italien, les lampes de tables Gino Sarfati chez Pegaso m'ont tapé dans l'oeil. Dansk Mobelkunst a également tout bon, de même que Modernity, galerie suédoise nouvelle sur le salon, qui affiche des prix très corrects.

Niveau scéno, Jacques Lacoste arrive (pour ma part) incontestablement en tête. Le raffinement de son stand n'a d'égal que la petite boite d'Alexandre Noll qu'il expose. En parlant de boites, ne manquez pas celles d'Andrée Putman chez En Attendants les Barbares. Les stands eux, font tout pour ne pas avoir l'air tristes. Ces différents décors, certains gentiment surprenants comme Downtown à l'entrée avec ses sculptures musicales de Takis, se distinguent tous. Certains optimisent l'espace avec brio (Guillaume de Casson), d'autres misent sur une pièce phare créant à elle seul l'événement. C'est le cas de Chahan Minassian avec son supeeeeeerbe mur de Peter Lane qui a reçu le "Prix du stand". Au milieu les allées, impossible de manquer la sculpture de Maarten Baas pour Ruinart (je sais, je radote). Au final, la comparaison fait un peu mal pour les galeries de bijoux, étonnements tristes, exceptée celle d'Antoine Camus.

Dans l'air du temps, le designart est partout. Zaha Hadid tranche le mur de Trigano avec ses étagères, la Carpenters Workshop nous refait le coup de Sebastian Brajkovic avec en prime un très intéressant travail du belge Xavier Lust sur le miroir (Blob IV) et une proposition meublante de l'artiste rebelle-soft Marc Quin. La question ayant fait la pluie et le beau temps aujourd'hui concernait la table basse Nénuphar de Jeannette Laverrière pour Perimeter, à deux doigts (enfin, trois...) d'être refusée (ce qui fût le cas de beaucoup de Sonia Delaunay). À force d'accepter les rééditions, on va faire venir Vitra et Cassina...

28.3.09

FASHION SURTOUT, DESIGN UN PEU.

Genre Acne Paper sans le contenu, COS publie un catalogue déguisé en magazine
où figurent des articles sur certaines personnalités dans le ton de la marque.

Ca y est. COS a enfin ouvert rue des Rosiers. Depuis le temps qu'on en parlait. Rien avoir avec le design, je sais, quoi que...

COS est l'enseigne high end du groupe H&M, dans le genre simple et bien coupé (me prononçant uniquement sur la ligne homme...) à la Acne, Jil Sander, Surface to Air ou Aquascutum. Les boutiques de Londres (avec sa superbe bow window), Berlin ou Bruxelles se suivaient et se ressemblaient, COS Paris ne fait pas exception à la règle. Installé dans un ancien hammam (la facade reste, heureusement), l'espace pensé par William Russel (l'archi des boutiques Alexander McQueen) va à l'essentiel, pour faire entrer le maximum de lumière et ainsi mettre en valeur les vêtements... et indirectement un peu de mobilier 50's à la Mollino ou Prouvé, et quelques surprises devant les cabines d'essayages... Very scandinave.

20.3.09

5


Yamamoto Masao, #1503

Alan Renolds, Structures group IV n°12 / Alain Josseau, Time Surface

Peter Kogler, Untitled / Jean-Paul Dumas Grillet, Les tombeaux n°4

Busy workweek + ArtParis 09 oblige : sélection expresse et énigmatique. Abstraction ou photographie, choisissez votre camp.

14.3.09

LA NOUVELLE CHARITE?

Un Samedi chez Merci (111 Bd Beaumarchais), la nouvelle enseigne de Bernard et Marie-France Cohen, ça ressemble un peu aux soldes sans les prix. L'endroit est bondé : le sous sol est plein, le café affiche complet et l'on se presse pour faire la file à la caisse. Mais que vient-on chercher chez Merci? Tout et n'importe quoi. Merci est le genre de concept-store improbable, fourre tout et jouissif que l'on aimerait voir se propager en France...


Installé dans une ancienne usine, Merci est un vrai lieu de vie, à milles années des concept stores froids et impersonnels : genre Home autour du Monde meets Vinçon meets Dover Street Market meets 10 Corso Como, tout ça mixé à la sauce boho. Comprenez une savante sélection de marques (ou d'objets anonymes) de très bon goût : Annick Goutal, Magis, Gallimard, Acne, Thonet et Jérôme Dreyfuss dans le désordre. On y vient "pour voir" et on repart (au choix) avec canapé de Paola Navone (7500$), un pantalon en croco véritable (300€), des fleurs de chez Christian Tortu (25€) et des tasses Seletti (8€). Evitez juste de venir avec une acheteuse compulsive, où contentez vous de siroter une grenadine au café en feuilletant de vieux bouquins. Qu'est ce qu'on dit?

On a Saturday at Merci (111 Bd Beaumarchais), Bernard and Marie-France Cohen's new shop looks a bit like a no price-cut sale time. Its full of people: the underground level, the café fully booked and everyone busy lining up at the checkout. But what is to pick up at Merci? All and anything. Merci is a concept-store of a unusual kind, bursting and exciting and we would love to see more of this kind in France...

Installed in an old factory, Merci is living space, a thousand years away from the cold, impersonal concept stores. A mixture of Home autour du Monde a pinch of Vinçon a bit of Dover Street Market and Corso Como with a bohemian flavour. To be precise, a smart collection of labels (or anonymous) of excellent taste, in random selection : Annick Goutal, Magis, Gallimard, Acne, Christian Tortu, APC and YSL, Jerome Dreyfuss. One might go to "just browse" but leave with any or all of following : Thonet chair, authentic crocodile trousers, flowers and cups by Seletti. Just try not to go with a shopping addict or just be happy sipping on a grenadine at the café there whilst looking at some old books. What do you say?

10.3.09

PP LOVE

Left to right : Juan, Pablo (y) Pedro

Si le futur du meuble en kit nous était compté, le PP nous apporterait la réponse. C’est chose faite grâce à Reinhard Dienes qui a crée une série de chaises, petits et grands tabourets dans cette matière répondant auu nom barbare de polypropylène. Présenté cette année à Cologne, cet ensemble a rencontré un vif succès. On comprend pourquoi : abordables, légers et élégants dans leur teinte blanche ou kaki, Pedro, Juan et Pablo (les noms des éléments) sont conçus pour durer... et être recyclés. Effet boeuf garanti par Colipost en ces temps de récession.

If future predictions tells us that ready-to-assemble furniture kits are a thing of the past, then PP may provide the solution. It has already happened thanks to Reinhard Dienes who has created a series of chairs, high and low stools, made out of polypropylene. The collection highly acclaimed this year in Cologne. You can see why : affordable, light and elegant in white or khaki. Pedro, Juan and Pablo (their names) are built to last... and be recyled. Spot on in these difficult times and guaranteed via DHL.

1.3.09

DE L'AUDACE

Nazareth, 12 000€, Edition limitée à 10 exemplaires

Après le succès, entre autres, du vase Couronne de Martin Szekely; poursuivant ses collaborations avec les grands noms du design contemporain, l'autrefois oubliée maison Bernardaud s'offre cette fois-ci les services de nos trublions favoris: les frères Campana. Du prototype en plastique à l'édition limitée en porcelaine modelée par des artisans, le projet initial de Fernando et Humberto est demeuré le même. En assemblant irrégulièrement les bras et jambes de poupées, ils transforment un simple jouet en une composition baroque, presque mouvante et inquiétante. Qui a dit que les centres de table étaient d'un ennui mortel?

Following the success amongst others of the Couronne vase by Martin Szekely and continuing his work with other re-known contemporary designers, the past forgotten Bernardaud establishment has acquired the services of some favorites such as the Campana brothers. From the plastic prototype model to crafted limited editions in porcelain, Fernando and Humberto's initial projects stay true to style. By irregularly putting together the doll's arms and legs, they transform a simple toy into a baroque creation which is almost quite mobile and a bit disturbing. Who said that a table center piece should be boring?

25.2.09

FOR WANT OF ANYTHING BETTER

Il fallait tenir le rythme. Trois jours d'expositions, trois jours de ventes au Grand Palais. Les enchères de la collection Yves Saint Laurent / Pierre Bergé ont fait vibré Paris pendant près d'une semaine... Si l'exposition a provoqué un rush visiteurs monumental (il était d'ailleurs assez difficile de circuler dans les salles) , les ventes étaient nettement plus calmes (comprenez 5 min d'attente côte Press/VIP et 15 min côté Public - avec nos amis les chinois).

La collection, on s'en doutait déjà à la lecture des catalogues, s'est révélée à l'image du maître et son compagnon. Eclectique mais cohérente, riche sans opulence. La vente Arts Décoratifs du XXe était à ce titre inoubliable, rendant justice à Eileen Gray, Lalanne, Frank... Sous la coupole, suspens et tension accompagnèrent l'adjudication du fauteuil aux dragons de l'irlandaise... 21 905 000 euros. Les catalogues sont des bons lots de consolation...

Sous le coup de la fatigue, sélection express, d'une très infime partie mes grands favoris. (Certaines images sont issues du catalogue)




From top left to bottom right (click to enlarge) :
Eileen Gray's apartment Rue Bonaparte with Satellite suspension (PR €2,977,000) / Eckart Muthesius : pair of floor lamps (PR €2,529,000) pictured at Résidence 'Manikh Bagh', Palais du Maharaja d'Indore. Jean Despres's garniture (PR €91,000); Claude Lalanne: Oiseaux de marbre (small model) (PR €193,000); François-Xavier Lalanne's YSL bar (PR €2,753,00) / Emile-Jacques Ruhlmann small table (PR €41,80); Black rock crystal (PR €46,600); Jean Dunand : Vase au serpend dressé et enroulé (PR €325,000). Installation de Jean Michel Frank / Eugène Printz's bookcase cabinet (PR €661,000); Four armchairs (Anonyme) (PR €103,000); Eileen Gray: console table (PR €2,305,000)

14.2.09

SMALL BUT SPICY

Lovée dans le passage de l'Ancre (n°3), derrière la rue de Turbigo, la galerie Revolt's (01 42 71 77 38), à peine ouverte depuis un mois, offre ce qu'il manquait en France : Ineke Hans, Joost Van Bleiswijk, Christien Meindertsma... ils sont tous là : la crème du Dutch design. Un design direct, avant-garde mais fonctionnel, subtil et intemporel.

L'ambiance de la galerie est détendue mais pointue. Ce qui saute aux yeux, c'est l'accessibilité des meubles d'architectes et designers présentés : une chaise à moins de 500 euros, un buffet avoisinant les 3000 euros... des prix accessibles qui permettent au collectionneurs de suivre le travail d'un designer. Ce sont des séries limitées ou des pièces uniques sur commande. De l'astucieux bureau du belge Bram Boo aux étonnants poofs en laine de l'hollandaise Christien Meindertsma faits main avec des aiguilles d'1m80 de long (!), les pièces ont tous un point commun : un savoir faire certain, auquel s'ajoute une volonté propre au design hollandais : la réduction des coûts et le respect de l'environnement. D'ailleurs, la plupart des designers utilisent des matériaux bruts, voir pauvres, avec une véritable sensibilité dans la fabrication...

Le rendez-vous est pris à 17 heures avec le directeur de la galerie Revolt's. Nike dunk au pieds, Alexandre Popoff défend ses choix..."Avec l'ouverture de cet espace mon but premier est de faire comprendre le travail de chaque designer, le faire respecter." Défenseur d'un design "simple et honnête", Alexandre Popoff a failli ouvrir à Istanbul, heureusement pour nous il a choisit Paris...



















Quels rapports avez-vous avec les designers que vous présentez?

C'est une démarche personnelle. J'allais régulièrement à Amsterdam, où j'avais déjà un certain réseau. Ce sont des gens que je connaissait déjà depuis un moment - je ne pensais pas même travailler avec eux un jour, ça c'est fait naturellement, très vite. Ces designers ce sont rendu compte qu'il était possible d'avoir un écho à Paris, ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant. Les designers sont très présents. Ils viennent régulièrement, on est toujours en contact.

Comment vous situez vous par rapport à Kreo et Tools notamment, eux qui tendent leur contenu vers le design-art?

Il y a déjà une jolie distribution faite à Paris avec Paul Silvera, Kreo, ou Mouvements Modernes. Revolt's est plus dans l'idée d'En Attendant les Barbares : un de mes premiers chocs dans les années 80 avec Garouste et Bonetti. Je connais Kreo et Tools puisque Kiki Van Eijk a participé récemment à un projet de tapis pour eux. Mais je m'insurgeais notamment, alors que je viens de ce milieu, de ce design qui flirte de plus en plus avec l'art contemporain, qui promeut la pièce unique, atteignant des prix faramineux pour produire au final un fauteuil sur lequel on peut ne pas s'asseoir... C'est la raison de création de la galerie. Je tenais à ce que cela ne soit pas le cas avec Revolt's. C'est pourquoi les designers ici présentés font des meubles avant tout, point. Je ne pouvais pas appeler ça une galerie ni un showroom, je me considère donc plutôt comme un marchand de meuble."

Revolt's... c'est votre rebellion?

Je crois qu'il y avait un ras le bol. Je n'arrivais à me retrouver nul part. Je souhaitais revenir à la notion de design, avec une poesie de l'objet. Le DesignArt n'est pas un courrant dans lequel je me sens inscrit. Je défend une autre une identité, celle du Dutch design. C'est d'ailleurs un terme générique qui a des frontières larges... Par exemple, je me sens éloigné de gens comme Philippe Starck et plus proche de Naoto Fukasawa ou Jasper Morisson par exemple. Dans l'histoire du design, j'aime Prouvé, Perriand, cette école française.

Impossible donc de proposer de l'art contemporain?


Dans cette même logique, je pense qu'il faut à un moment donné poser ses limites. C'est tentant puisque je viens de ce milieu, mais éloigné du propos de la galerie qui veut revenir à l'idée du meuble, qu'est ce que c'est, comment c'est fait...
Il me montre l'étonnante construction de la table, des chaises et du buffet de Joost Van Bleiswijk, où la fixation se résume à des planches de contreplaqué imbriquées les unes dans les autres. ... Ce sont des meubles relavitement simples, avec une haute technicité manuelle derrière.

Et la crise, on s'en fout?

Les effets de la crise sont bénéfique, il faut à un moment donné cesser de tout contrôler. Dans ce contexte, j'ai pu décrocher des designers qui n'avaient pas d'agents, ceux qui deviendront inaccessibles plus tard... Aussi, les gens ne veulent plus consommer comme avant. Il y a un besoin de confort mental à l'achat, accompagné d'une certaine pédagogie... "

Quels sont vos clients?

Des décorateurs, des architectes, quelques particuliers. On devait ouvrir au départ un showroom privé, mais je souhaitait qu'il y ait une démarche pédagogique, accessible, derrière Revolt's. D'où l'ouverture de la galerie au public.

Etes-vous un collectionneur?

J'ai une particularité. Je voyage énormément et pour des raisons et personnelles et pratiques... je vis sans meubles!

A part le design, vos derniers coups de coeur?

Il y a des adresses que je conseille à tout mes clients comme le Musée de la Chasse, magnifique, et l'Institut Néerlandais avec lequel d'ailleurs on va se mettre en partenariat...et sinon... le dernier concert de Goldfrapp!

Propos recueillis le 4/02/09
Lullaby Bench, Martin Holzapfel/ Buffet de Joost van Bleiswijk

Bureau de Bram Boo, disponible en huit coloris

11.2.09

BIG HUG

Au début des seventies, à l'heure du tout venant et de la consommation de masse aux États Unis, l'architecte et designer brésilien Sergio Rodrigues a eu le bon goût de réinvestir la production de son pays... alors qu'on meublait étrangement les édifices révolutionnaire d'Oscar Niemeyer avec des meubles de style colonial. Durant presque cinquante ans, il conçoit du mobilier avant tout confortable, sans négliger l'esthétique. Fondateur du fourre-tout Oca en 1956 (manufacture/studio/galerie d'art/showroom/cabinet d'architecte...), il fait produire ses meubles au Brésil, utilisant des matériaux locaux en privilégiant avant tout le bois. Du slow design en somme.

Le hic, c'est qu'alors que ses meubles s'achetaient facilement sur le marché américain (notamment aux vente de Wright), on avait plus de mal à s'en procurer en Europe. C'est chose oubliée grâce à ClassiCon, qui réedite aujourd'hui une (petite) partie de ses nombreuses (environ 1200) réalisations : quelques chaises et fauteuils, et surtout... Mole.


Certains dirons que ce fauteuil est moche, sans doute; qu'il ressemble à son créateur, avec sa forme amplifiée et ses larges bras dodus, peut être. D'autres enfin avancerons qu'il ferait un parfait remplaçant à la lounge chair d'Eames, sûrement. Mais ce qui est certains, c'est qu'en plus d'être fabriqué main avec du bois d'eucalyptus et du cuir souple et d'avoir un prix plus que raisonnable, Mole est juste archi-confortable. Le refuge idéal après une dure journée de travail.


In the early 70's at the time of massive U.S. consumerism that over took all, the Brazilian architect and designer Sergio Rodrigues reinvested with style in local production in his country....at that period, strange colonial style furniture invaded the revolutionary buildings of Oscar Niemeyer. Rodrigues built mostly comfortable yet beautiful furniture lasting almost fifty years. He founded the "put everything in" "Oca" in 1956 in his manufacture/studio/art gallery/show room/ architect office and got his furniture made in Brazil using local materials and mostly selecting wood. Actually very "slow design".

However, even though his furniture was easily purchased and available in the american market (especially at Wright's sale), it was not that easy to acquire a purchase in Europe. It is at last possible due to ClassiCon, with their re-editions of a small part of the many (about 1200) works; chairs, armchairs and especially....the "Mole".

Some might argue that the "Mole" chair is ugly, maybe, but it ressembles its creator with its ample form and big fat arms. Others might argue that it could perfectly replace Eames 's lounge chair, most probably. But in any case, what is certain, is that apart from being man-made out of eucalyptus wood and supple leather, it has a more than reasonable price tag. Mole is quite simply very comforable. An ideal refuge after a long hard day's work, just like a big hug!

7.2.09

YIPPIE HIETT

Maze, 1993
J'avais envie de vous parler de photo. Non pas parce que Glamour (et je les en remercie, en particulier Ora-ïto) me consacre ce mois-ci une page...(si quoi que, bien que je n'approuve pas la photo choisie); mais à propos de Steve Hiett. Le photographe qui a travaillé pour les plus grands de Vogue au Times Magazine, de Paris à New York, se voit enfin consacrée une exposition monographique. C'est la galerie Maeght qui s'en charge, sans surprise, puisque Hiett avait autrefois séjourné dans la villa de la famille. On dit qu'il fut attiré par la lumière : cette même lumière électrique qui magnifie ses photographies. Le "style Hiett"? Des femmes toutes plus délicieuses les unes que les autres (réf. à Bourdin ou encore Newton), les cheveux au vent, dans des compositions très décentrées; d'une chromatique surprenante, souvent prononcée, qui capture l'instant tout en exprimant un vif mouvement, à la fois tendu et décomplexé.

After the picnic, 1993 / Long Island City, 1994

2.2.09

NOUVEAU GENRE


Que l'on le veuille ou non, le cubisme a changé la vision que l'homme avait de son environnement au début du XXe. Certainement avant-garde avant l'heure, injustement limité à Braque, Picasso et co; ce courant d'art réclamant l'aboutissement de toute pulsion artistique ou fonctionnelle par l'utilisation de formes géométriques, concrètes ou abstraites fait encore effet. Prague demeure le fief du cubisme avec ses grandes maisons aux rebords de fenêtres prismatiques et ses villas aux façades implicitement austères.

Quoi de plus normal donc qu'une des plus fameuses galerie de la capitale tchèque prend le nom d'un artiste du pays (Bohumil Kubišta), réédite du mobilier et des objets d'art a l'aura esthétique jusqu'alors insoupçonnée, et ceci dans la Maison à la Vierge noire. Alors on se demande pourquoi on nous en parle à Maison et Objet, comme ça, au détour du hall 7A, à côté de l'excentrique Qubus, tchèque, aussi. Et quand on voit ce que Kubista propose, on comprend soudain. La beauté formelle de la plupart de ces objets (une poignée, en fait) imaginés au début du siècle passé n'a jamais fanée. Elles n'ont rien a envier aux dernières créations, et sur certains point les surpassent même (voir cette table d'appoint ci-dessous). Avec peu d'effets, un semblant de courbe par là, un enchevêtrement de formes pyramidales et des carrés croisés, la forme ces objets est simplement expressive, sans artifices. Pour les tchèques, il n'a jamais été aussi bon d'être nationaliste...

Side table, 30's replica

Stach and Hoffman house in Prague + Ceramic box

Armchair by Jindřich Halabala, photos courtesy of Gallery Kubista


Whether you like it or not, Cubism changed the vision of mankind on his environment early Twentieth Century. Definitely before its time and unjustly limited to Braque, Picasso etc., this art mouvement encouraged the artistic current to its limit and its designed function by using geometrical forms effectively concrete or abstract. Prague remains the heart of Cubism with its great mansions depicting prismatic window ledges and strictly austere front villas.

Its of course only normal that one of the most famous gallerys of the tcheque capital is named after their local artist (Bohumil Kubista) where they produce furniture and art object re-editions of superb unkown esthetics, and in the House of the Black Virgin. We ask ourselves why they candidly talk about this at Maison et Objet hall 7A next to the extravagant Qubus, also a tcheque. When one sees what Kubista is offering, you suddenly understand. The formal beauty of most of the objects (a handfull in fact), date beginning of the last century have never faded. Nothing to regret with their latest creations being sometimes even superieur in some cases (see side table up). With few effects, a slight curve here and there, multi pyramid layers and cubic crossovers, the shape of these items are simply expressed without excess. For tchekoslovakians, nationalism has never been so good...

30.1.09

23

courtesy of Heenrehuis Manufactuur

Dans le Hall 5A de Maison et Objet, là où Valérie Damidot, Nate Berkus et votre affreuse boutique déco de quartier vont faire leur shopping; figurent des anomalies, une poignée de marques un peu perdues que la société organisatrice à cru bon de mélanger avec la masse. Heerenhuis en est peut être le plus bel exemple. Cet atelier recèle quelques perles.

Ca c'est belge. Le responsable d'Heerenhuis était détendu, drôle et attentif à me présenter dans les moindres détails sa collection alors que ses concurrents : la plupart des commerciaux pantalons synthétiques, guettaient les passants à chaque stand comme si vous étiez un touriste quartier Saint Michel, Ici, les meubles (principalement de gigantesques tables) sont fabriqués par une poignée d'artisans belges. Like old times, mais avec un touche très contemporaine. Cela m'a immédiatement fait pensé à nos amis de Brooklyn, mais il semble que Heerenhuis joue dans une autre cour. Entre inspiration industrielle et matériaux naturels, bruts, où les noeuds du bois sont souvent mis en avant, Heerenhuis ne nous propose pas d'acheter simplement, mais d'investir dans une pièce d'une telle qualité d'exécution que vous ne voudriez probablement pas vous en séparer... Parfait en temps de crise.

Bisbal table & bench
In the Hall 5A of Maison et Objet people such as Valerie Damidot, Nate Berkus and your local run of the mill home design boutique will do their shopping. There are strange objects and a few lost items thrown in by the organisers mixed up with the rest. The workshop Heerenhuis is the best example of this where a few real pearls can be found.

The Heerenhuis representative was relaxed, funny and eager to present his collection in detail - thats Belgian! whereas his synthetic trouser sale competitors eyed the customers at each outlet just as if they were tourists in the Saint Michel district. Here the furniture (especially the huge tables) are made by a small group of belgian craftsmen, as in the olden times but with a touch of contemporary. It immediately reminded me of our friends in Brooklyn, but it seems that Heerenhuis play in another court. Between industrial inspiration and raw natural materials, with wood knots clearly visible, Heerenhuis doesn't just suggest a simple acquisition but rather an investment in a high quality piece which you would probably never want to part with.... Ideal in times of recession.

24.1.09

HOT N' COLD

Cabinet, Antoine + Manuel

On nous le répète, les grands marques les premières, éclectisme et qualité sont en vogue dans le design. Il y avait-il réponse à ce sujet au salon Maison et Objet ce weekend? Pas si sûr, en particulier à Now! Design à vivre. Si je ne manquerais pour rien ce hall , les stands des éditeurs cet année m'ont quelque peu déçu. Exposant leur dernières collections, la plupart ont décidé d'entreprendre un refrain commun : des meubles anguleux, assez introvertis, signatures prestigieuses magnifiquement exécutées sans grande âme toutefois. Seuls quelqu'uns sortaient du lot : Hay, Magis, Tolix et Ligne Roset entre autres...

La surprise est venue des "accessoires de maison". Ce sont eux qui ont sauvé le hall 7A : d'abord malins et pratiques comme à l'accoutumée chez Eno, simples et évidents chez Authentics, chic et trash au stand Qubus. Ensuite, fort est de constater que les nordiques et les espagnols mènent la barque face à la rigueur italienne. Preuve en est que Baccarat, Gaia & Gino et Lladró avaient Jaime Hayon en commun. Hispanique toujours, entre design et art, les pièces en édition limitée de Bd Barcelona ont fait fureur, le rutilant cabinet des graphistes Antoine+Manuel amenait un semblant de révolte, bienvenue dans les allées.

Cataclysme enfin au hall 7B, inaccessible toute la journée pour cause de... tempête. Dommage, j'aurai bien aimé goûter au plats bios importés de l'Hotel Hi et prendre un café à l'espace Intramuros par Massaud. Si quelqu'un les a testé, je serais ravi de savoir...

Bullshit vous me direz les halls 5, mecque des marques mainstream? Du tout, j'y a fait de belles rencontres... Rdv la semaine prochaine!

Clockwise, from top left to bottom right : Tolix's comeback; incredible stool by danish Hay;
Authentics's coolest nylon bags; UFO-ish lighting on Cedri Martini's stand


They're like brothers. Impossible choice between :
Naoto Fukawasa's Déjà-vu table (Magis) and another table from Segis

Cinna,; Norway Says Mhy pendant ligth by Muuto; Original BTC England

23.1.09

SANCTUARY


L'oeil avisé, les plans resserrés, un noir et blanc magnifié... Hedi Slimane a le chic de nous faire patienter la vente phare de Février en réalisant un portfolio très personnel de l'appartement de Pierre Bergé. Entre imagerie ésotérique et point de vue quasi-mystique, les photographies de l'ex-DA de Dior Homme (qui signera d'ailleurs la prochaine campagne Prada) révèlent un étrange vide émotionnel. YSL. Un fanatisme non ostentatoire.


Visionary, tightenend plans and sleek back & white... Hedi Slimane has the chic to make us wait until Februrary's historic YSL/Bergé auction sale in Paris by photographing Pierre Bergé's flat on the left bank. With its personnal style, the former DA of Dior Homme took esoteric, intruiging pictures with a mystical point of view... revealing Saint Laurent's absence.

pictures by Hedi Slimane

14.1.09

POST-SCRIPTUM

Table d'appoint en bouleau massif, Ikea PS par Christian Halleröd

Aucun angle droit, que des courbes, des formes improbables, molles, organiques... Des meubles et objets volumineux, impossibles à empiler, non modulables... en ces temps de crise où l'on a l'impression que tout ce qu'on doit acheter doit nécessairement relever du pratique et de l'utile, tout concourt à ce que la nouvelle collection PS - ligne bis vaguement expérimentale d'Ikea, soit un flop commercial. Pourtant avec ces étranges verres, pots et tables, l'internationale suédoise introduit un semblant d'âme dans son catalogue. De quoi nous rendre dingue à moindre frais pour ce mois-ci.

Saladier et verres de table, Ikea PS par Gunnel Sahlin

The Economy is in a hot mess right now. But who cares? Certainly not Ikea. With its new "PS" collection, the swedish firm is about to make a commercial flop. But again, who cares? No right angle, no curves, unusual shapes, soft and organic fabrics for unstackable and unflexible furniture is just we need right now. Some clever craziness's always necessary.

12.1.09

BXL 1

Suspension de R. Toso à la galerie d+ / Philippe Lange

Des galeries de design à Bruxelles? C'est le bazar, dans le sens qu'il n'y pas vraiment de compartimentage évident au niveau des quartiers. Même si les alentours du Grand Sablon (hum... la Rue de la Régence) restent et resteront toujours le nec plus ultra en matière de spécialistes du Design d'après guerre, d'Arts Premiers et d'Art contemporain; et même si le quartier Dansaert poursuit son coming out arty (jusqu'au quais cette fois-ci), l'action semble s'éparpiller dans toute la ville, dans des endroits plus ou moins évidents. Exemple Rue Haute et Rue Blaes, ancien bastion des amis de la soif, où pullulent désormais des galeries décontractées (genre : proprios adorables, rare à Paris) et aux tarifs abordables (genre : une table Memphis à prix Habitat, impossible à Paris) comme à l'espace d+ (ci-dessus).

Contraste évident entre les facades bariollées des Marolles (à g.)
et la Rue de la Régence (à d.) : Galerie Vincent Colet

Avec le vétérant Ligne, qui a toujours le mérite de mixer éditeurs belges (Ovo, Vange) et internationaux (Moroso, Vitra) dans une Galerie de la Reine ressemblant de plus en plus à une bouche de métro, Top Mouton propose des objets scandinaves sans trop de conviction. En dehors du centre, la chic commune d'Ixelles avait déjà réussi à se ramener des antiquaires (Philippe Denys, Pascal Drion...) et tentent désormais de convertir ses cadres sup' à l'Art contemporain et aux bistronomiques autour de la Rue Américaine... mais ça c'est une autre affaire...

Top 5
1 Vincent Colet : superbe vitrine, superbe sélection
2 Alice Gallery : bouquins introuvables, fanzines d'artistes et galerie underground
3 Philippe Lange : hangar de luxe et poussière en surplus, de Knoll à rien du tout
4 Stilissimo : Pastoe et luminaires dans le Soho bruxellois
5 Pierre Bergé et Associés : la maison de vente pointue du Grand Sablon

A PART


Maarten Baas pour Dom Ruinart, Édition limitée à 3 exemplaires
Vente à venir du 25 janvier, Pierre Bergé & Associés Bruxelles

Dans certains pays, il y a des couples qui se fâchent, qui se disputent la couronne de la capitale arty : Madrid/Barcelone, Rome/Milan, New York/Los Angeles... Bruxelles/Anvers. Cette semaine, je m'arrêterais sur le "cas" Bruxelles. Pas de raisons personnelles ici, quoi que... Ces vacances ont été l'occasion pour moi de redécouvrir ce foyer de l'Europe, maitresse du pays Wallon et accessoirement capitale de la Belgique (quoi qu'en disent les mauvaises langues). Tout au long du mois de Janvier, plusieurs articles traiteront de cette ville si particulière, du poissonnier franchouillard à côté de Margiela jusqu'au carnet d'adresses du parfait design addict... Suivez le guide.

3.1.09

V2

D'excitantes nouveautés, de l'avant-garde, des bizarreries, du style sans effort, des idées vintage et conseils avisés sur le design seront toujours d'actualité en 2009... et plus encore.
Monsieur Design souffle sa première bougie, grâce à vous. Merci!
De tout coeur, bonne année 2009!

More exciting, cutting-edge things, quirky stuff, simple style, vintage ideas and advised opinion about design and lifestyle are to come... and much more, so stay tuned!
Here's Monsieur Design first birthday...
Happy New Year & Thank you all for your support!

22.12.08

Design Crisis (3)

Table d'appoint d'Achille Castiglioni pour Zanotta (en vente chez Vinçon, env. 300€) ; Carine Roitfeld par Juergen Teller pour COS Magazine

Last but not least : De l'accessoire, pas de superflu.

Le plus difficile à Noël est d'offrir des choses qui dureront. Tapez donc fort et simple. N'ayez pas peur de payer une somme élevée un objet à la limite de l'abstraction, cela en vaut sans doute la peine. Qualité et singularité vont de paire. Et s'il vous plait, évitez d'offrir des bougies - même les dernières nées de la maison Assouline qui sentent bon les livres anciens. Aussi, les parfums sont a réserver à vos cousins dépressifs en mal d'idées - exception faite de ceux d'Antoine Maisondieu (CdG) pour la boutique du très smart magazine Monocle et l'Eau Chic d'Astier de Villatte.

À Paris, les classiques boutiques 107Rivoli, Aesop, Filosofi et les galeries Tools et DL-M dans le Haut Marais ont toutes mes faveurs. En ligne - si vous ne maîtriser par le japonais vous risquez de passer à côté d'une tonne de choses plus cool les unes que les autres. Tant pis. Du côté des américains, la plupart des studios livrent à l'international et Moss propose en ligne la totalité de ses articles hypissimes (en attendant que 10CorsoComo lance son e-shopping...). En espagnol, Vinçon offre tout ce dont rêve n'importe quelle Conchita pour embellir et entretenir son intérieur. Enfin, pour prévoir les traditionnelles échauffourées de Noël et faire plaisir aux petits garçons qui se rêvent en warriors, ruez-vous chez Doursoux...

Verres (85$ le set de quatre) par Nest Interiors;
Noeud papillon bicolore en soie (43€) par Marc by Marc Jacobs



Coupe "Trepied" de Sebastian Bergne pour Eno (env. 60€) au 107 Rivoli;
The Vice Photo Book (45€) chez American Apparel;
Cendrier "Rock Steady" par Beams en ligne sur Zozo; Croquis de Jaime Hayon.