1.10.09

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Du peu de mobilier de Rei Kawakubo, on connaît surtout ses austères chaises en métal.
Vendu 8000 $ l'année dernière, ce fauteuil est le dernier des 28 dessinés par la japonaise.

De Rei Kawakubo dans les années 80 pour Comme des Garçons à l'empire Armani dont la division Casa est devenue peu à peu une marque à part jusqu'à Diesel plus récemment et of course Rick Owens de façon plus indé, avoir une ligne de mobilier pour une maison de mode est désormais (presque) une évidence. Inutile de préciser que ce phénomène ne touche pour l'instant que les maisons étrangères. En France, le décloisonnement des disciplines ne semble toujours pas être d'actualité. C'est tout juste si l'on se risque à faire du linge de maison et de la vaisselle comme Dior et Rykiel, ces produits officiant - à la manière des parfums, comme le fast access au luxe. Le fait est que l'on a pas forcément envie de posséder chez soi une chaise médaillon Dior gris perlé ou fauteuil en tweed pour faire comme Rue Cambon. Cependant, certaines maisons le font très bien par délà nos frontières. Un des plus beaux exemples récents fut Bottega Veneta qui conjointement à Poltrona Frau sorti une ligne de meubles des plus luxueuses : des malles en cuir surpiquées et des fauteuils à tomber... Une collection restreinte mais fabuleuse. Tout le contraire d'Armani qui repompe sans cesse un style Néo-Nobu vu cent fois ou Scapa (le Ralf-Lauren belge) qui fabrique des meubles dans la veine Flamant à la sauce Polo Sport. Halte à l'overdose!

Bestiale et minimale, la chaise par l'américain Rick Owens. Chez Jousse Entreprise.

Détails de la suite Elle Déco par Martin Margiela au Palais Chaillot

Comme en design, les pieds de nez dans la mode sont légion alors qui de mieux que Martin Margiela de surprendre tout le monde. Alors que tout Milan s'attendait que la Maison présente des meubles, voilà qu'elle lance des énormes stickers trompe l'oeil à la manière de ceux qui habille les murs de ses boutiques. On attend avec impatience la moquette imprimée parquet... Une autre bonne surprise nous provient de la marque américaine James Perse. Connue au pays de l'oncle sam et chez C'line pour ses vêtements très simples aux matières nobles et finitions impeccables, encore peu distribuée en France, la marque signe une collection inspirée des villes de la West Coast, de Malibu à Los Angeles. Une relecture a minima, exempt de tout effet de style, de meubles américains classiques comme les traditionnels fauteuils de metteur en scène et les chaises longues sans piétement. Contrairement à Monsieur Owens qui signe ses singuliers fauteuils "retour de chasse" pour Jousse Entreprise, la démarche reste commerciale bien entendu. Mais pourquoi pas? Cohérence avec l'ADN de la marque, intemporalité du design et qualité du matériaux font le succès. A quand "Home by Marc Jacobs"?

James Perse himself et sa ligne pour la maison / Boutique sur Bleecker St, New York